Un jour viendra où la France verra de nouveau s'épanouir,
sur son vieux sol béni déjà de tant de moissons,
La liberté de pensée et de jugement...
l'internement
L'internement des "indésirables"
On peut presque dire que les années noires
commencent dès 1938, sous la 3ème République,
cette année de la capitulation devant Hitler des
démocraties à Munich...
Repères
fin 1939, en zone occupée arrestation par la police
française de nombreux communistes et syndicalistes ou autres
"politiques"...
Drôle de guerre
Présentation
Le 3 septembre 1939, après l'Angleterre, la
France déclare la guerre à l'Allemagne. Le gouvernement
décrète la mobilisation générale...
L'état français
La France est désormais divisée
en deux zones: la ZO, zone occupée par le vainqueur et la ZNO,
zone libre avec Vichy pour capitale...
Repères
"En même temps que la guerre, la
dissolution du Parti communiste et la répression de ses
militants, suite au pacte germano-soviétique, commencent...
Le régime de Vichy
Installation
Le maréchal Pétain est le
chef du Gouvernement depuis le 16 juin 1940. Le lendemain il
déclare qu'il faut "cesser le combat"....
Les débuts de la Résistance
Certes l'esprit de résistance est peu répandu en France
en été 1940. Mais plusieurs événements
déclenchent le questionnement des Français malgré
les difficultés de tous ordres qui les assaillent...
Débuts dans les Basses Alpes
Dans le département des Basses-Alpes, qui n'est cependant pas
directement placé sous l'autorité de l'occupant, divers
foyers potentiels de résistance se dessinent...
Les rafles de 1942
Devançant les injonctions allemandes le gouvernement de Pétain, qui n'est en place que depuis 3 mois, instaure dès octobre 1940 le premier statut des Juifs...
Les occupations étrangères
L'occupation allemande
A cause de la défaite militaire et
politique de juin 1940 la France vaincue et humiliée subit
l'occupation de son territoire par l'armée du vainqueur, en
deux périodes: d'abord en zone Nord puis élargie à
la zone Sud...
L'occupation italienne
Prenant prétexte du
débarquement des anglo-américains en
Afrique du Nord, le 8 novembre 1942 l'armée allemande viole la
ligne
de démarcation qui existait en France depuis l'armistice de 1940
entre les deux zones et occupe désormais toute la France...
L'internement
L'internement des "indésirables"
On peut presque dire que les années noires
commencent dès 1938, sous la 3ème République,
cette année de la capitulation devant Hitler des
démocraties à Munich, car en 1938 est promulguée
une loi prévoyant l'internement d'hommes, de femmes et d'enfants
d'origine étrangère à isoler et à
surveiller en cas de conflit. Cette loi trouve son application
dès janvier 1939 par l'internement des républicains
espagnols réfugiés de la guerre d'Espagne, militaires et
civils, qui sont parqués, en hiver, derrière des
barbelés à même le sable des plages du Roussillon.
Puis, dès la déclaration de guerre en
septembre 1939, c'est le tour des Allemands et autres
réfugiés du IIIème Reich qui avaient fui leur pays
après l'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933. Dans le
Sud-Est ils seront internés au camp des Milles, près
d'Aix-en-Provence.
Les internés français sont surtout
les communistes ou considérés comme tels ; ils sont arrêtés chez
eux ou à l'armée pour ceux qui avaient été
rappelés en 1939 . Les prisons étant pleines des camps
spéciaux s'ouvrirent à leur intention.
Puis, sous le régime de Vichy des camps
concerneront aussi les juifs, adultes et enfants et des
résistants.
Tous ces camps français d'internement
appelés officiellement à l'époque "camps de
concentration" deviendront bientôt l'antichambre des camps de la
mort du IIIème Reich et de Pologne.
Dans les Basses-Alpes
Dans les Basses-Alpes on trouve
toutes les catégories "d'indésirables", français
et étrangers, dans divers camps et centres d'internement,
amenés là en application des mesures prises par la
IIIème République finissante puis par le gouvernement de
Vichy :
- centres des prestataires de l'armée pour
étrangers détachés du camp des Milles (B. du R.)
à Manosque, Forcalquier et Volx, les Mées et St-Auban
- camps des compagnies spéciales de passage pour
militaires français à Pontis, Digne, St-Vincent-le Forts
- centres de séjour surveillé pour Français
à Bras-d'Asse, La Bégude, Le Chaffaut, Oraison, Sisteron
- groupements de travailleurs étrangers (G.T.E.) aux Mées (deux camps, l'un de Républicains espagnols, l'autre d'autres étrangers)
- centre du service social des étrangers à Gréoux et à Reillanne.
Des internés furent présents sur des lieux de séjour passagers et sur des chantiers à :
Blégiers, Castel-Beuvons, Céreste,
Chabrières, Espinouse, La Brillanne, Norante, Peyruis, Sigonce,
St-Maime, Ste-Tulle, Ubaye-village.

Un rapport du préfet des Basses-Alpes daté de janvier
1941 indique le chiffre de 1045 détenus politiques. La plupart
de ces camps fermeront bientôt, les internés
étant alors regroupés dans de grands camps du centre de
la France avec miradors et barbelé, d'où les
évasions ne seront plus possibles. "Les fortes
têtes" seront expédiées dans les camps-bagnes
d'Afrique du Nord, comme Georges Bonnaire qu'on retrouvera plus tard
dans la résistance bas-alpine. Des internés, à la
demande des nazis, seront déportés dans les camps de
concentration en Allemagne afin de travailler pour la machine de guerre
nazie, comme le barrèmois François Béraud mort
d'épuisement à Buchenwald.
Il nous paraît essentiel de sauvegarder la mémoire de ces
événements, des hommes, des femmes et des enfants pris
dans cette tourmente.
Pour le moment, seulement deux plaques symbolisent ces internements :
l'une à la citadelle de Sisteron (internement de politiques et
de résistants) et au Mas-des-Près à Reillanne en
souvenir des familles juives déportées de là
à Auschwitz.