les drames
Comme partout en France la Résistance bas-alpine a malheureusement connu des drames...
la Déportation
Pour une plus grande compréhension de
ce thème il y a lieu de distinguer d'une part les
déportés de la répression de ceux de la
persécution.....
....
la Shoah et les Justes
Le terme Shoah signifie en hébreu
"la grande catastophe" . Aujourd'hui il désigne l'extermination
des Juifs d'Europe décidée et programmée par le
régime du IIIème Reich, comme Hitler l'avait
annoncée en 1924 dans "Mein Kampf" ..
La répression
La Shoah et les Justes
La Shoah

Le terme Shoah signifie en hébreu
"la grande catastophe" . Aujourd'hui il désigne l'extermination
des Juifs d'Europe décidée et programmée par le
régime du IIIème Reich, comme Hitler l'avait
annoncée en 1924 dans "Mein Kampf" . L'opération fut mise
au point en janvier 1942 lors de la conférence de Wannsee,
à Berlin sous le terme de "la solution finale à la
question juive". L'extermination fut perpétrée par la
faim dans les ghettos, par fusillades massives sur le front de l'Est
par les Einsatzgruppen et aussi et surtout par le travail forcé
et la mise à mort dans les chambres à gaz des camps
d'extermination installés en Pologne dont le plus connu est
celui d'Auschwitz. Sur les 330 000 Juifs qui vivaient en France avant
la guerre 75000 ont été déportés dont
très peu sont rentrés. De là sont nées
après la guerre les notions juridiques de "crime contre
l'humanité".

Quels regards pouvaient avoir, en arrivant à Auschwitz, dans le décor des crématoires rougeoyants, ces milliers d'enfants et d'adolescents, traumatisés et épuisés par des jours et des nuits de transports effroyables, apeurés dans la bousculade par les hurlements, les coups, les aboiements des féroces chiens des SS et séparés brutalement de leurs parents ?
Aux petits enfants de Pitchipoï
Ils disent aujourd'hui
Que ce n'était pas vrai
Que nul ne respira
Sous les cieux d'Auschwitz
Ou ceux de treblinka
Le ziklon qui tuait.
Mais que sont devenus
Poursuivis par la mort
Tous ces enfants perdus
Qui s'en allaient en pleurs
Une médaille d'or
Accrochée sur le cœur.
Parfois en cauchemar
je les vois s'avancer
Leurs menottes crispées
par l'angoisse et la peur
Ivres de désespoir
Et regardant blafards
Jaillir du crématoire
La sinistre lueur.
Ou ont-ils disparu
Ces petis enfants juifs
Et ces enfants tsiganes
Que nul n'a plus revus.
Vous qui dites aujoud'hui
Que ce n'était pas vrai
Dites, mais dites nous,
Que sont-ils devenus?
Gisèle Guillemot
PARIS, Décembre 1987
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Dans le département des Basses-Alpes
Dans le département des Basses-Alpes la
Shoah se traduit par l'arrestation de 341 personnes dont les
identités sont certaines. Ces arrestations ont eu lieu du 26
août 1942 au 31 juillet 1944, effectuées par la police et
la gendarmerie françaises et, à partir du printemps 1944,
par la Gestapo aidée par des français à sa solde.
Arrestations : Manosque : 10 - Gréoux : 12 - Barrème : 15
- Castellane : 17, Sisteron : 22 - Barcelonnette : 26 - Digne : 34 -
Les-Mées/St-Auban : 45 - Forcalquier : 46 - Reillanne : 56 -
Vallée du Verdon : 58.
A ce jour il n'y a seulement dans le département que deux
plaques qui rappellent ces drames : à Digne pour les 12 victimes
de la Maison de repos La Sympathie et à Reillanne pour les 54
internés, vieillards, femmes, enfants du centre familial de
l'Ugif.
Texte de la plaque dévoilée le 30 avril 2000 à la Maison de la Petite Enfance à Digne, à l'époque Maison de repos " La Sympathie " qui avait accueilli des réfugiés juifs.
A LA MEMOIRE DES JUIFS ARRETES A DIGNE
DONT PLUSIEURS EN CE LIEU LE 3 MAI 1944.
LA PLUPART ONT DISPARU DANS LES CAMPS NAZIS
VICTIMES DE LA HAINE RACIALE
La cérémonie s'est déroulée en présence de Mme Geismar-Marx venue de Strasbourg. Enfant à l'époque elle vivait là avec sa famille. Elle et sa soeur échappèrent à la rafle et restèrent cachées à Digne jusqu'à la Libération.
Extrait du compte-rendu paru dans la revue
Carnet de Provence sous le titre "Le massacre des Innocents" par Sylvie Chaumon-Gorius, journaliste, et Thérèse Dumont:
...La machine infernale de la solution finale fonctionnait alors à fond, qui voulait jeter dans la mort et l'oubli des hommes, des femmes, des enfants dont le seul crime était d'exister. Beaucoup ne sont jamais revenus... Ils n'ont que notre mémoire.
Les Justes
On ne saura jamais exactement combien furent
ceux et celles qui n'ont pas hésité à aider les
Juifs, malgré les lois antisémites du gouvernement
français et l'obstination d'extermination des nazis d' une
branche du genre humain, malgré les difficultés
matérielles de l'époque, en particulier l'insuffisance du
ravitaillement, malgré les dénonciations toujours
possibles. Obligés au secret, solitaires ou au sein de
réseaux clandestins, ils ont sauvé des hommes, des
femmes, des enfants, soit en les prenant complètement en
charge, soit en leur fournissant de faux papiers ou en les aidant
à passer une frontière.
Dans le chaos résultant de la défaite militaire et
politique de 1940 et dans l'abdication et l'indifférence d'une
grande majorité des Français "les justes", restés
le plus souvent anonymes, ont permis à l'espoir de tenir,
à la vie de l'emporter.
Nous ne connaîtrons jamais toutes ces
fabuleuses histoires de sauvetages. Il faut toutefois se
féliciter qu'un hommage officiel est rendu globalement, en
France, depuis plusieurs années à tous ces
résistants "humanitaires", héros de l'ombre. En 1953 le
gouvernement d'Israël avait décidé la
création d'un mémorial "Yad Vashem" pour regrouper tout
ce qui touche à la Shoah et à la Guevoura
(héroïsme). Puis, en 1962, il mit en application la loi
créant le titre de
"Juste des Nations". Dès lors est déclaré "Juste"
toute personne qui a risqué sa vie pour sauver un Juif dans
l'Europe occupée et, dans le site du mémorial le "Juste"
a droit à un arbre, symbole de vie, au pied duquel est
gravé son nom.
Dans le département des Basses-Alpes
Dans le département des Basses-Alpes
très peu de sauveteurs ont été recensés,
bien qu'il y en eut certainement beaucoup plus que le nombre des
médailles attribuées. Et, avec le temps qui a
passé depuis cette époque, il paraît difficile
aujourd'hui d'en avancer un chiffre. Toutefois nous accueillerions avec
intérêt les témoignages qui confirmeraient ce qui
précède.
Nos recherches dans ce domaine, alors
inexploré, ont abouti à retrouver des enfants que deux
responsables ajistes avaient cachés dans l'Auberge de Jeunesse
du Col du Fanget, sur la route de Seyne- les-Alpes. Soixante ans
après les faits nous avons ainsi découvert en
région parisienne des retraités qui se souvenaient
d'être effectivement venus là quand un gendarme de
Briançon, suite au départ des occupants italiens, avait
vivement conseillé de partir à la mère- aubergiste
de la première Auberge de Jeunesse accueillante.
Ils sont alors revenus à Auzet où ils
furent accueillis chaleureusement par le maire, les élus et la
population de ce petit village et par les animateurs de la Fontaine de
l'Ours. Ils ne vinrent pas les mains vides mais avec une superbe
plaque-souvenir que les promeneurs peuvent voir sur un rocher en haut
du col. Ce qui donna lieu à une belle et émouvante
cérémonie officielle.
A cette occasion on découvrit que des
familles avaient également été cachées dans
ce village. C'est ainsi que Mme Simone Isoard a reçu
récemment la Médaille des Justes en présence de
membres de la famille qu'avec son mari et grâce à la
complicité des villageois elle a sauvée.
A Manosque c'est Soeur Alix, alors directrice du
Pensionnat du Collège St-Charles, qui cacha Marie-Claire et la
fit passer en Suisse. Mais ses parents, juifs allemands
réfugiés en 1939 en France, le Pays des Droits de
l'Homme, furent arrêtés à Manosque. Seule la
mère est revenue d'Auschwitz. C'est à la veille de ses
100 ans que Soeur Alix a reçu en mairie de Manosque la
Médaille des Justes et, à titre posthume, les petits
enfants de Mme Régnier qui les avait accueillis un soir de 1943.