logo


La Résistance

Les femmes



Le nombre des Françaises qui s'enrôlèrent dans les unités de la France Libre est connu puisqu'elles étaient militaires et combattantes, donc immatriculées. Il en est tout autrement des Françaises qui servirent la Résistance intérieure, dont pourtant elles furent l'infrastructure comme l'a déclaré le Général De Gaulle, ou bien cette autre image " les fourmis " de la Résistance. Très peu demandèrent, après la guerre, la reconnaissance de leurs activités et donc de leurs droits. Pourtant les archives, les témoignages de leurs compagnons et le nombre de résistantes déportée sont des preuves de leur implication alors qu' à l'époque elles n'étaient pas citoyennes, le droit de vote n'ayant été accordé aux Françaises qu'en 1945, et pas spontanément, les radicaux d'y opposant.

 Dans la Résistance elle ont fait un peu de tout selon les lieux et les circonstances mais surtout agents de liaison, dactylos, infirmières occasionnelles, actions sociales... Celles qui n'étaient pas immatriculées n'étaient pas moins indispensables pour cacher, héberger, consoler, soigner et nourrir les évadés, les blessés, les aviateurs alliés abattus, les réfractaires et pourchassés en tous genres, celles qu'on appelait parfos "les secondes mamans" et qui prenaient beaucoup de risques. Si des noms sont bien connus : Berthie Albrecht, Lucie Aubrac, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Marie-Madeleine Fourcade, Danielle Casanova, des milliers de résistantes et de déportées n'auront jamais d'écoles ni de rues à leurs noms car elles resteront anonymes. Il faut dire que, dans cette non-reconnaissance, l'exemple vient de haut puisque 6 femmes seulement, et encore à titre posthume, sur les 1046 titulaires ont reçu le titre prestigieux de Compagnon de la Libération.

Dix mille Françaises de tous âges ont été déportées au camp de femmes de Ravensbrück, au nord de Berlin. A Arras (Pas-de-Calais) quatre résistantes de divers réseaux ont été condamnées à mort et exécutées en Allemagne (décapitées). Des femmes de mineurs ont été déportées N.N. pour avoir soutenu leurs époux lors de la grande grève des mineurs des Houillères du Nord-Pas-de-Calais en mai 1941..

Dans les Basses-Alpes

Dès 1940 puis en1941 des journaux clandestins du Mouvement Combat sont distribués par la coiffeuse Simone Pellissier à Digne, qui les reçoit de Marseille par l'intermédiaire de Mme Baudoin dont le fils est étudiant à Marseille. Puis tout naturellement les femmes trouvent leur place dans la Résistance au sein des divers mouvements et réseaux du département. Ce sont  par exemple des jeunes filles qui, en vélo, font la liaison entre les états-majors et les maquis perdus dans la nature. A la S.A.P. (parachutages) on en trouve presque dans toutes les équipes. Les dactylos sont aussi très recherchées pour taper tracts et presse clandestine, comme Denise arrêtée en mission à Oraison le 16 juillet 1944.

Etaient également précieuses les agents de renseignement comme Lucrèce et les infirmières recrutées pour les hôpitaux de campagne comme Geneviève Fang et Jacqueline Hoffmann ou les religieuses qui mettaient des lits à la disposition des blessés, comme les Soeurs de la Sainte-Enfance à Digne ou celles de l'hôpital de Banon. A Sainte-Tulle les épouses des frères Amoureux transportaient des armes tandis que d'autres faisaient le coup de feu comme Paulette chez les FTP.

Et il y eut toutes celles qui ne furent jamais dénombrées, à la campagne comme dans les villes, qui n'hésitèrent pas, elles aussi au péril de leur vie, à accueillir sous leur toit blessés et hommes traqués, comme la mémé Laurens à Estoublon et Mme Faure près de Barrème. Et combien d'autres !