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La Résistance

Mouvements et réseaux

Création

"Une poignée d'hommes solitaires, jusqu'en 1942, tente d'engager de près le combat.
Le merveilleux est que cette cohorte disparate composée d'enfants trop choyés et mal aguerris, d'individualistes de tous crins, de garçons ayant l'exil du sol natal en horreur, de paysans au patriotisme fort obscur, d'imaginatifs instables, d'aventuriers précoces voisinant avec les vieux chevaux de retour de la Légion Etrangère, les leurrés de la Guerre d'Espagne, ce conglomérat fut sur le point de devenir, entre les mains d'hommes intelligents et clairvoyants, un extraordinaire verger comme la France n'en avait connu que quatre ou cinq fois au cours de son existence et sur son sol".

René Char  


Dès l'été 1940, d'individuel le désir d'agir devient collectif avec comme but de toucher et de rassembler ceux et celles qui disent NON et veulent "faire quelque chose" CONTRE l'ordre nouveau imposé par le  gouvernement de collaboration de Vichy et l'occupant. S'impose alors pour ces tous premiers résistants la nécessité de s'organiser. Des noyaux d'amis naissent ici ou là.

On pense naturellement au groupe des chercheurs du Musée de l"Homme à Paris dont l'impact s'étendra vite en province et, à Marseille, au MLN (Mouvement de Libération Nationale) créé par le militaire Henri Frenay, resté admirateur de Pétain pendant un certain temps.  D'abord AGIR par la propagande écrite. Tracts et journaux clandestins que des mains anonymes glissent sous les portes se multiplient et, peu à peu, mouvements et réseaux se structurent.

Selon les études des historiens il y eut 24 mouvements de résistance opérationnels et 21 réseaux. S'y ajoutent une soixantaine d'organisations civiles et militaires pour la Résistance intérieure et 37 pour la France Libre 

L'ORA

Dans l'esprit de ses créateurs l'ORA est l'avant-garde en métropole de l'armée française qui a repris le combat en Afrique après la défaite de 1940. C'est le Général Frère qui en prend le commandement en novembre 1942 à la demande du Général Giraud. Mais il est arrêté en juin 1943 ainsi que son épouse qui est déportée à Ravensbrück tandis que le Gal Frère est assassiné au camp du Struthof.
Zeller et Pfister regroupent les bonnes volontés parmi les officiers démobilisés à la suite de la dissolution en novembre 1942 de l'armée d'armistice (100 000 hommes tolérés sous les drapeaux).
Le Général Verneau remplace le Gal Frère à la tête de l'ORA mais il est à son tour arrêté et meurt au camp de Büchenwald.
L'ORA se définit comme une organisation apolitique, uniquement militaire, hiérarchisée: à sa tête un général et des commandants régionaux. Elle s'oppose à l'action immédiate se préparant pour le jour J.
Elle se rapproche de l'état-major de l'AS-MUR qui reconnaît le rôle du CFLN (Comité Français de Libération Nationale) et recommande localement des ententes entre les mouvements.
L'ORA bénéficie de l'aide matérielle du SOE (réseau anglais) notamment de parachutages d'armes.
A la Libération l'ORA revendique 65 000 combattants dont 1500 officiers. 90 sont morts en déportation; 33 sont fusillés, 104 sont tués au combat.

(extrait du Dictionnaire historique de la Résistance- 2006)

Dans le département des Basses-Alpes

Les débuts de la Résistance.

     Dans le département des Basses-Alpes, qui n'est cependant  pas directement placé sous l'autorité de l'occupant, divers foyers potentiels de résistance se dessinent. Avec la mise en place localement de nouveaux camps d'internement pour ceux devenus soudain "indésirables" la méfiance du gouvernement de Vichy envers les citoyens et élus de gauche se précise. Sont révoqués des élus issus généralement du Front Populaire , des employés municipaux et des fonctionnaires. Par exemple le maire d'Oraison, conseiller général, est révoqué à la suite d'une altercation avec le commandant du camp d'internement  pour "indésirables" politiques installé dans cette localité. L'esprit de résistance est perceptible aussi chez les lorrains et les alsaciens expulsés de chez eux pour refus de leur germanisation, et chez des jeunes luxembourgeois. Il en est de même chez les recrues des Chantiers ruraux en majorité des fonctionnaires révoqués, comme l'instituteur Georges Alziari que nous retrouverons plus tard parmi les responsables de la Résistance. A Manosque et à l'usine de St-Auban apparaissent les premiers tracts clandestins et les graffitis d'inspirations diverse dont le premier est :  "Pour que vive la France Vive l'Angleterre".
     En 1941, en vacances à Beauvezer, un jeune hisse un fanion à croix de Lorraine sur le monument aux morts. A Digne la coiffeuse Simone Pellissier, aidée de quelques jeunes, distribue les journaux clandestins du mouvement Combat qui lui parviennent de Marseille.
     En 1942, le 2 mai, elle est arrêtée pour avoir déposé la veille une gerbe au monument aux morts de Digne. En novembre, à l'initiative de Louis Martin-Bret de Manosque, conseiller général révoqué,    responsable départemental  du mouvement Combat qui ne va pas tarder à se structurer, ont lieu à Digne les premiers attentats: contre la façade du journal collaborateur "L'eclaireur" et celle du service de placement allemand de la main-d'oeuvre pour l'Allemagne. Chez les militaires à Digne, à la suite à la dissolution en novembre de l'armée d'armistice, le commandant Chaumont officier du 20ème B.C.A. recrute pour l'O.R.A., Organisation de Résistance de l'Armée, qui sera l'un des trois mouvements de Résistance importants dans le département.

Principaux mouvements

AS-FTP-ORA

les principaux mouvements sont l'AS (Armée Secrète), les FTP (Francs-Tireurs et Partisans) et l'ORA (Organisation de Résistance de l'Armée).
 - l'AS est issue du mouvement Combat créé en 1940 par Frenay à Marseille. Le manosquin Louis Martin-Bret en est incontestablement le créateur et l'animateur dans les Basses-Alpes où il met en place les premiers maquis. Une structure à vocation armée, les Groupes Francs, est prise en main par Jean Vial, colonel de réserve.
 - les FTP sont mis en place par Georges Alziari, de Vence, qui a trouvé un travail à Digne, par Georges Bonnaire, de Nice, futur colonel Noël des FFI et Joseph Laurenti, venu aussi des Alpes-Maritimes car le parti communiste, qui crée ce mouvement, n'a plus de cadres depuis 1940 dans les Basses-Alpes.
     Ces deux mouvements AS et FTP s'implanteront solidement dans le département.
 - l'ORA est créée par le Général Frère (qui sera assassiné au camp du Struthof) puis par le colonel Zeller et le général Verneau (qui mourra aussi en déportation). Le mouvement recrute naturellement parmi les militaires, l'armée d'armistice étant dissoute en novembre 1942. Ce mouvement qui se veut apolitique se prépare pour le jour J. Il s'implante dans la vallée de l'Ubaye sous les ordres du commandant Bureau et du capitaine Lecuyer.
 - à Digne un petit groupe de résistants "travaille" pour les FTP, l'ORA et le mouvement Résistance-Fer.

     Le NAP (Noyautage des Administrations Publiques) est né à Lyon. Claude Bourdet l'élargira aux services des préfectures, police, ravitaillement, PTT, SNCF, etc... avec l'accord de Jean Moulin. Le mouvement deviendra national avec le noyautage des ministères à Paris et à Vichy. Dans le département des Basses-Alpes le responsable du NAP était Jean Piquemal, secondé par Raymond Savary et Joseph Fontaine.-